La fin brutale d’un club historique…
La liquidation judiciaire du La Baule Tennis Club (Sporting et Garden) a été prononcée ce vendredi 12 décembre, scellant brutalement le sort de cette structure centenaire, longtemps considérée comme la plus grande association de la station. Pour les adhérents comme pour les salariés, c’est un véritable choc. La décision tombe, ouvrant une période d’incertitudes lourdes quant à l’avenir sportif et social du site.
Dans ce contexte, le communiqué de presse de la Ville (ci-joint) laisse perplexe. À le lire, tout serait parfaitement maîtrisé. Circulez, il n’y a rien à voir ! Puisque tout semble « anticipé », examinons les réponses apportées, ou non, aux questions que se posent les adhérents, les familles, les riverains et les Baulois attachés à ce patrimoine remarquable.
Depuis quatre ans, deux représentants désignés par la mairie (Christophe Mathieu et Sophie Douchin) siègent de droit au Conseil d’administration du club, avec voix délibérative. Depuis lors, ils participent de fait à la cogestion de l’association. Ont-ils anticipé la liquidation ? Ont-ils donné leur accord ou voté les décisions qui ont conduit à ce fiasco ?
En mars dernier, le président JPR (L’Écho de la Presqu’île) annonçait sa démission en affirmant avoir « remis les comptes à flot ». Visiblement peu convaincu, le maire diligente un audit et décide de retirer, « pour éviter tout risque de conflit d’intérêt » (donc reconnu), les deux représentants municipaux siégeant depuis quatre ans au conseil d’administration.

En octobre, le club se déclare en cessation de paiement. Le 14 novembre intervient le redressement judiciaire. Le 12 décembre, la liquidation est prononcée.
À combien s’élève aujourd’hui la dette du club, incluant les licenciements des douze salariés et les futurs recours prud’homaux ? La Ville devra-t-elle reprendre cette dette pour envisager une poursuite d’activité ? Sous quel statut la collectivité pourrait-elle gérer provisoirement le club, avant une éventuelle reprise par un opérateur privé ou une association ? Gestion directe ? Délégation ? Et au profit de qui ?
L’association LBTC cessera d’exister au 1er janvier, la convention la liant à la Ville étant résiliée à cette date. Comment le club pourra-t-il fonctionner ? Sans association, il perdra son agrément auprès de la Fédération Française de Tennis : comment seront alors organisés les matchs officiels, individuels ou par équipes ?

Si aucune poursuite d’activité n’était possible, les familles et les enfants inscrits seront-ils remboursés ? Réorientés ? Vers quels clubs, sachant que les structures voisines accueillent déjà de nombreux anciens membres ?
Parmi la centaine de demandes d’informations effectuées auprès de la Ville, combien ont abouti à des dossiers complets, accompagnés de garanties financières sérieuses ? Des propositions ont-elles été faites aux salariés ? Pour quel type de contrat et quelle durée ?
En pleine période électorale, la Ville peut-elle utiliser le fichier des adhérents pour valoriser son action ?
Enfin, combien de temps faudra-t-il attendre avant d’obtenir des réponses claires ? Combien de temps avant que les notions d’« anticipation », de « responsabilité » et de « construction d’une solution durable et respectueuse des pratiquants » mises en avant dans le communiqué municipal se traduisent concrètement ?
Les discours rassurants ne suffisent plus face à la réalité des faits. Les adhérents, les salariés et les Baulois méritent autre chose que des éléments de langage. Ils attendent de la clarté, de la responsabilité et, enfin, des actes.