Manifestation des policiers municipaux à La Baule : la tension franchit un cap !
À l’occasion de la mobilisation organisée ce jeudi à La Baule, nous avons recueilli les propos de Cédric Michel, président national du Syndicat de Défense des Policiers Municipaux (SDPM), lors d’un entretien téléphonique.
Les policiers municipaux se sont rassemblés devant l’Hôtel de Ville pour une mobilisation qui s’est déroulée tout au long de la journée. Aucun rendez-vous n’a été accordé par le maire, une situation que déplore le responsable syndical, qui affirme que les échanges passent exclusivement par le directeur général des services.
Des propositions ont été transmises dans la journée, mais elles ne convainquent pas les représentants syndicaux. « Je ne peux pas entrer dans le détail, mais sur le financier, il s’agit plutôt de compensations, et cela reste dérisoire. Sur l’humain, il n’y a rien. Ces propositions ne sont pas acceptables », estime Cédric Michel.
Le président du SDPM dénonce une succession de promesses non tenues et un climat de défiance persistant entre la municipalité et les agents. Il évoque notamment des engagements passés en matière de recrutement qui n’auraient pas été respectés.
Le ton se durcit nettement lorsqu’il évoque l’avenir : « Si le maire se moque de moi, il n’y aura plus aucun policier municipal qui viendra candidater à La Baule. Je vais lui bloquer le service. » Avant d’ajouter : « Non seulement il y aura des départs, mais s’il persiste, La Baule sera blacklisté. Vous pouvez compter sur moi. »
Selon lui, les policiers municipaux déjà en poste pourraient également quitter la collectivité, aggravant une situation déjà tendue sur le plan des effectifs.
Au cœur du conflit figure également la question des indemnités liées aux sujétions spécifiques (dimanches, jours fériés…), récemment supprimées unilatéralement, ainsi que des ajustements d’organisation du temps de travail perçus comme défavorables. « On demande toujours plus, avec moins de compensation. En réalité, il faut travailler plus pour gagner moins », résume-t-il.


Le syndicat pointe par ailleurs une pression croissante sur les agents, une détérioration des conditions de travail et un manque d’effectifs structurel. « Certains policiers n’ont plus de vie de famille », souligne Cédric Michel, qui évoque une situation de détresse psychologique installée depuis environ deux ans.
Sur le plan salarial, il rappelle qu’un policier municipal expérimenté perçoit entre 2 100 et 2 400 euros nets mensuels, un niveau jugé insuffisant au regard des responsabilités.
Le SDPM estime également que la gestion locale cristallise les tensions autour du directeur de PM, avec une multiplication des incompréhensions internes.
Après avoir volontairement temporisé avant les échéances électorales, le syndicat durcit désormais son positionnement. Une nouvelle étape est annoncée avec la saisine prochaine du tribunal administratif concernant le temps de travail.
Enfin, malgré des propositions récemment formulées par la municipalité, Cédric Michel doute de la volonté réelle d’aboutir à un accord durable : « Nous ne sommes pas certains que le maire joue franc jeu », conclut-il.
Propos recueillis ce jour par téléphone à 16 h 15