La Baule face à l’insécurité : la fatalité annoncée
Quand j’ai vu les images, ce n’était ni une surprise, ni même la satisfaction d’avoir eu raison. C’était au contraire la déception d’avoir eu raison, avec ce sentiment de fatalité que cela devait arriver.
Je ne suis pas au cœur du pouvoir politique et je ne prétends pas savoir ce que nos dirigeants ont en tête. Mais il existe bel et bien un phénomène d’insécurité en France. Des zones autrefois épargnées ne le sont plus aujourd’hui, sous l’effet d’événements soudains et violents. Les communes qui parviennent à se protéger sont celles qui ont mis en place des politiques de sécurité fermes.
Quand certains viennent à La Baule pour provoquer, se battre ou semer le trouble, ils doivent savoir qu’ils feront face à une réponse policière forte, avec des interpellations. Sans cela, le phénomène se répétera. L’absence de réponse ferme favorise l’installation de la délinquance. Et, dans ce cas, le problème devient récurrent, presque chronique : « on vient foutre le bordel à La Baule » sans conséquence ! Il ne faut surtout pas que cela s’installe dans la durée. Ce week-end, l’absence de réaction forte s’apparente à un signal donné à ces individus qu’ils peuvent revenir. Qu’est-ce qui les en empêcherait ? « Il fait beau, l’endroit est agréable, revenons passer du bon temps. » Je l’avais déjà dit lors de notre premier échange, il y a plus de deux mois.
Par ailleurs, je n’apprécie pas lorsque certains élus déforment la réalité. Contrairement à ce qui est affirmé, il n’y a pas 36 policiers municipaux à La Baule, mais en réalité 18. Affirmer faire le maximum en matière de sécurité et renvoyer la responsabilité à l’État est en partie vrai, mais incomplet. Car le maximum n’est pas atteint au niveau local. Depuis 2022, 23 départs ont été enregistrés, soit près de la moitié des effectifs. Il y a donc une vraie fragilité. Oui, l’État a sa part de responsabilité, mais la municipalité doit aussi prendre pleinement la sienne. Aujourd’hui, il n’y a pas 36 policiers municipaux sur le terrain.
Lorsque M. Louvrier annonce le recrutement de 10 policiers municipaux, il faut rappeler une réalité simple : avant même ces renforts, il manque déjà des effectifs pour atteindre les 36 annoncés. Il faut donc d’abord combler ce déficit, puis ajouter ces 10 postes supplémentaires. Or, le problème est structurel : en France, il manque environ 5 000 policiers municipaux.
Si, à partir du 1er juillet, avec l’arrivée des CRS, une réponse ferme est apportée, la situation pourra s’améliorer et les habitants seront plus sereins.
Enfin, concernant ce week-end à La Baule, je n’ai pas eu connaissance d’interpellations. Au plus fort des événements, ils n’étaient qu’une dizaine en service, parfois seulement huit face à des foules. À la gare, ils étaient trois au maximum. Là encore, je n’ai pas d’information faisant état d’interpellations.

Cédric Michel, Président national du Syndicat de Défense des Policiers Municipaux (SDPM)
Propos recueillis ce jour 28/05/26 par téléphone à 11 h