BLOOM, LA FLORAISON BAULOISE

Il y a des projets qui naissent sur un business plan. Et d’autres, plus rares, qui surgissent d’un alignement presque instinctif. Bloom appartient clairement à la seconde catégorie.

Vincent, costume taillé dans les chiffres et le droit, n’était pas destiné à ouvrir un restaurant. Univers juridique, fiscalité, finance …son terrain de jeu habituel. Et pourtant. Un local à vendre, un passage devant la vitrine, et cette intuition immédiate : il se passe quelque chose ici. Un appel à Christophe, presque dans la foulée. « Il y a un coup à jouer. » Le genre de phrase qui ne laisse pas beaucoup de place au doute.

Christophe, lui, est un enfant du pays. La Baule, il la connaît par cœur, de ses cuisines à ses nuits. Formé à Guérande, passé par les maisons Barrière dès ses débuts où il sert, au passage, Monsieur et Madame Barrière, il enchaîne ensuite les institutions locales : le Ship Inn, établissement mythique de la station dans les années 80 et 90, mais aussi le Bax, le Klimt ou encore le Café Bouillu. Quinze ans à façonner une expérience du terrain, avant une parenthèse parisienne d’une décennie, entre belles adresses et souvenirs bien placés dont une table du 7e arrondissement fréquentée par François Mitterrand. Puis le retour, presque logique. L’envie de ralentir, de construire. Une première aventure à Pornichet, en pleine période Covid. Et enfin Bloom !

Entre Vincent et Christophe, le lien dépasse l’association … cousins par alliance, complices par évidence ! L’un structure, l’autre incarne. L’équilibre est net, sans fioritures. Bloom devient alors le point de convergence.

Le nom, justement, ne doit rien au hasard. « Bloom », floraison en anglais. Une manière subtile de faire écho à l’histoire du lieu, anciennement occupé par un fleuriste-grainetier dans les années 80. Ici, rien n’est plaqué. Tout est pensé comme une continuité. Le quartier des arbres, la mémoire du commerce, et cette volonté de raconter quelque chose sans tomber dans la reconstitution.

À l’intérieur, la décoration joue cette partition avec finesse : touches florales, matières chaleureuses, et ce piano, pièce signature, qui capte immédiatement le regard. Un clin d’œil assumé aux vies passées du lieu, mais aussi une promesse. Celle d’une programmation musicale à venir, entre jazz, classique et musiques de films. Hans Zimmer en ligne de mire. L’ambition est claire : créer une atmosphère, pas seulement un décor.

Dans l’assiette, même logique de précision. Bloom se positionne comme un café-restaurant vivant, capable d’accompagner la journée du matin au soir. Coffee shop le matin, brunch en douceur, puis une carte courte le midi … cinq plats, pas un de plus pensée pour aller à l’essentiel. Ici, pas de dispersion … du goût, du fait maison, et quelques signatures bien senties. Le burger frit coréen au kimchi pour les amateurs de caractère. Le Coquisotto pour ceux qui cherchent le réconfort avec une touche d’originalité.

Le soir, l’ambiance glisse vers quelque chose de plus relâché … planches à partager, cakes salés maison, verres qui s’entrechoquent doucement. Une adresse qui vit, sans jamais forcer le trait.

Ouvert tous les jours de 9h à 22h en saison, Bloom déroule une partition complète, du café du matin à l’apéritif dînatoire. Avec, en bonus, quelques douceurs qui méritent l’arrêt : un avocado toast sucré version Pierre Hermès et une tartelette fraise-yuzu avec son infusion de menthe, parfaitement dans l’air du temps !

À La Baule, Bloom ne cherche pas à en faire trop. Et c’est précisément pour ça que ça fonctionne.

Bloom – 3 allée des Houx – La Baule (t) 02 40 53 00 33 – bonjour@bloom-la-baule.fr

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