VIVRE 1000 ANS

Et si l’homme était bientôt confronté à une situation qu’aucune génération n’a jamais connue ? Celle de vivre beaucoup plus longtemps, tandis que les machines deviendraient capables de penser, d’apprendre et d’agir mieux que lui. C’est le vertigineux scénario exploré par Laurent Alexandre et Alexandre Tsicopoulos dans leur nouvel ouvrage, Vivre 1000 ans. Quand l’IA règne et la mort recule : rêve ou cauchemar ?, paru aux éditions Buchet-Chastel le 14 mai 2026.

Les deux auteurs partent d’un constat aussi fascinant qu’inquiétant : les progrès simultanés de l’intelligence artificielle et des technologies liées à la longévité pourraient bouleverser en profondeur les fondements de nos sociétés.

Certains acteurs de l’IA évoquent déjà une espérance de vie pouvant atteindre 160 ans dès 2035, tandis que la disparition progressive du travail humain est envisagée à l’horizon 2040. Deux limites considérées jusqu’ici comme indissociables de la condition humaine pourraient ainsi être repoussées : la mort et les capacités de l’intelligence.

Deux générations face au même vertige

Le livre repose également sur un dialogue entre deux générations.

À 65 ans, Laurent Alexandre, chirurgien, énarque, entrepreneur et pionnier du numérique, s’interroge sur la possibilité d’être un jour issu de la « dernière génération à mourir ». Une perspective qui, loin d’être uniquement réjouissante, soulève une multitude de questions philosophiques et sociales.

Face à lui, Alexandre Tsicopoulos, 25 ans, entrepreneur et essayiste, incarne une génération qui devra potentiellement vivre avec ces bouleversements. Jusqu’à une interrogation particulièrement radicale : faut-il encore avoir des enfants « non augmentés » dans un monde où les technologies pourraient modifier profondément les capacités humaines ?

À travers cette confrontation entre deux regards, les auteurs s’attaquent à une question centrale : que devient l’être humain lorsque les machines peuvent penser mieux que lui et que la mort elle-même pourrait ne plus constituer une fatalité ?

Travail, amour, famille : tout pourrait être bouleversé

Car l’enjeu dépasse largement la seule question de la longévité.

Si l’être humain travaille moins, vit beaucoup plus longtemps et cohabite avec des intelligences artificielles plus performantes que lui, c’est toute l’organisation de la société qui pourrait être remise en question. Le rapport au travail, à la réussite, à la famille, aux relations amoureuses mais aussi à la peur et au vieillissement serait appelé à évoluer.

Plus profondément encore, une question s’impose : que faisons-nous de notre existence lorsque les limites qui lui donnaient jusqu’ici son urgence disparaissent ?

Vivre 1000 ans ne se présente pourtant ni comme un manifeste en faveur du transhumanisme ni comme un réquisitoire contre la technologie. Les deux auteurs cherchent plutôt à ouvrir le débat sur ce qui pourrait permettre à l’homme de conserver sa place dans un monde dominé par des intelligences artificielles toujours plus puissantes.

Choisir ce qui fait encore la valeur d’une vie

Derrière les promesses technologiques et les projections parfois vertigineuses, le livre revient finalement à une interrogation beaucoup plus intime : qu’est-ce qui donne de la valeur à une vie ?

Si la longévité devient presque illimitée et si l’intelligence artificielle bouleverse notre rapport au travail et au savoir, faudra-t-il réinventer notre définition même de l’existence ?

C’est tout l’intérêt de cet ouvrage à deux voix, qui ne cherche pas nécessairement à apporter des réponses définitives, mais à confronter le lecteur aux conséquences possibles d’une révolution déjà en marche.

Laurent Alexandre et Alexandre Tsicopoulos posent ainsi une question qui pourrait bien devenir l’une des grandes interrogations du XXIᵉ siècle : si nous pouvions vivre 1 000 ans, qu’allons-nous faire de tout ce temps ?

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