RICHARD ORLINSKI

L’art en mode superstar !

en couverture de notre dernier magazine

Il y a chez Richard Orlinski une forme d’évidence. Celle des personnalités qui imposent leur signature sans jamais avoir besoin de la revendiquer. Le goût du beau, le sens du spectaculaire, le plaisir de créer sans s’excuser. Bien avant d’être l’un des artistes français les plus vendus au monde, il y a cette énergie brute, presque animale, qui traverse chacune de ses œuvres. Une puissance qui captive le regard et ne laisse personne indifférent. À l’image de son mythique Wide Kong, Orlinski avance avec assurance, libre, imposant, impossible à ignorer.

Derrière l’image d’un artiste au succès planétaire se cache une personnalité infiniment plus complexe. Quelque chose d’instinctif, de profondément connecté au monde, presque tellurique. En l’écoutant, on a le sentiment qu’il a déjà vécu plusieurs existences et qu’il poursuit, avec la même intensité, une seule quête : repousser sans cesse les frontières de la création.

Figure majeure de l’art contemporain, Richard Orlinski ne se contente pas d’occuper le devant de la scène, il redessine les contours de son époque. Galeries internationales, palaces, collaborations prestigieuses, télévision, DJ sets, sans oublier une apparition remarquée au cinéma aux côtés d’Alexandra Lamy… Son terrain de jeu semble ne connaître aucune limite. Et tout laisse penser que le meilleur reste à venir.

« J’ai ouvert des portes »

Vous parlez souvent de démocratiser l’art. Avec du recul, avez-vous réellement changé quelque chose dans le rapport du public à la sculpture ?

Je pense que oui, en tout cas à mon échelle. J’ai réussi à fédérer des gens qui ne se sentaient pas forcément concernés par l’art. Et ça, c’est déjà énorme. Exposer à ciel ouvert, gratuitement, dans des lieux accessibles, c’était une façon de casser les codes. De dire : l’art n’est pas réservé à une élite. Tu n’as pas besoin de connaître l’histoire de l’art pour ressentir quelque chose.

Je ne prétends pas avoir révolutionné quoi que ce soit, mais je me considère comme un pionnier dans cette approche. J’ai ouvert des portes, et surtout j’ai montré qu’on pouvait créer du lien autrement.

« Le succès ne crée pas, il permet »

Vous êtes présenté comme l’un des artistes français les plus vendeurs au monde. Le succès nourrit-il votre créativité… ou la met-il en danger ?

Le succès ne me met pas en danger, et surtout il ne crée rien à ma place. La créativité ne dépend pas des chiffres, elle vient de quelque chose de beaucoup plus profond, de beaucoup plus instinctif. En revanche, le succès te donne une liberté que tu n’avais pas au départ : celle de produire davantage, de voir plus grand, d’oser des projets plus ambitieux.

Le vrai danger, ce sont les critiques, les regards extérieurs, les attentes. Si tu te laisses enfermer là-dedans, tu peux vite te perdre. Moi, j’ai choisi de les utiliser autrement. Je prends ce qui est utile, j’écarte le reste, et j’avance. Le succès, ce n’est pas un moteur créatif, c’est un levier.

« Rien n’est impossible »

Vous avez commencé tard dans le monde de l’art. Qu’est-ce que cette seconde vie change dans votre façon de travailler ?

Elle change ton état d’esprit. Quand tu arrives dans une seconde vie, tu n’as plus le même rapport au risque. Tu sais que tu as quelque chose à prouver, d’abord à toi-même.

Ça montre surtout qu’il n’y a pas de fatalité. Si tu crois profondément en un projet, tu peux le construire. Mais il faut accepter de sortir de sa zone de confort, de prendre des risques, de provoquer les opportunités.

Cette trajectoire m’a rendu plus instinctif, plus déterminé, et peut-être aussi plus libre.

« Je mélange, je casse, je crée »

Vous êtes partout : galeries, marques, musique, médias… Vous cherchez encore à provoquer ou vous assumez d’être dans la séduction ?

Je ne me définissais pas comme un artiste de séduction, mais si c’est comme ça qu’on me perçoit, pourquoi pas. Si mes œuvres attirent, si elles plaisent, si elles créent une émotion immédiate, alors j’assume totalement.

Ce que j’aime surtout, c’est mélanger les univers. Créer des ponts entre le sport, la musique, la mode, l’art… faire dialoguer des mondes qui, à la base, ne se croisent pas.

En France, on a tendance à enfermer les gens dans des cases. Moi, j’aime les faire exploser. C’est dans ces croisements que naissent les choses les plus intéressantes.

« Le doute fait avancer »

Quand on enlève les paillettes, qui est Richard Orlinski ?

C’est un mélange, comme tout le monde finalement. Je suis un bosseur, clairement, je travaille en permanence. Mais je suis aussi quelqu’un qui aime jouer, expérimenter, ne pas se prendre au sérieux.

Et puis il y a le doute. Il est toujours là. Il ne disparaît jamais vraiment, même avec le succès. Mais je le vois comme une force. Il m’oblige à me remettre en question, à aller plus loin.

J’essaie de transformer mes failles en énergie. C’est ce qui me fait avancer.

« Tout est art »

DJ, stand-up, radio… dispersion ou besoin vital d’expression ?

Pour moi, il n’y a aucune dispersion. C’est une seule et même démarche. C’est juste que les formats sont différents.

La musique, la scène, la radio… ce sont des façons de créer du lien, de partager quelque chose avec les gens. J’aime l’humain, j’aime le contact direct.

Aujourd’hui, on trouve ça atypique parce qu’on aime catégoriser. Moi, je considère simplement que tout ça fait partie de mon travail.

« La sincérité capte tout »

Dans une époque saturée d’images et de buzz, comment capter encore l’attention ?

On ne capte pas l’attention en en faisant plus que les autres. On la capte en étant sincère. C’est la base.

Les gens ressentent très vite ce qui est authentique et ce qui ne l’est pas. Si tu es cohérent, crédible, aligné avec ce que tu es, tu n’as pas besoin de surjouer.

La sincérité, aujourd’hui, est presque devenue une forme de puissance.

« Je ne coupe jamais vraiment »

Dans votre vie privée, qu’est-ce qui vous permet de déconnecter ?

Je ne coupe pas vraiment, parce que je suis passionné par ce que je fais. Mais j’ai des moments qui me permettent de me recentrer.

Le sport, déjà, est essentiel. Ça me canalise, ça m’équilibre. La famille aussi, évidemment. Les moments simples, les échanges, le partage.

Et puis il y a la découverte. Voyager, observer, ressentir. Je suis quelqu’un qui a besoin de stimuler ses cinq sens. Je suis profondément épicurien.

« Toujours aller ailleurs »

Si vous deviez casser votre image, quelle œuvre inattendue rêveriez-vous de créer ?

Je ne peux pas me limiter à une seule idée, parce que justement, ce qui m’intéresse, c’est d’aller vers l’inconnu.

Le cinéma m’attire beaucoup. C’est un univers complet, très puissant. Mais au-delà de ça, tout ce qui est nouveau m’intéresse. Tout ce qui fait avancer une époque.

Je n’ai pas envie de me répéter. J’ai envie de continuer à explorer.

Quand on vous dit “vacances d’été”, quelle image vous vient ?

Elle change selon les périodes de ma vie. Ça peut être les hauteurs de Nice avec ma famille, le sud avec mes enfants, ou des endroits plus isolés, au bout du monde, avec mon amoureuse. 

J’ai aussi connu des vacances très simples, très modestes, et elles sont tout aussi importantes. La Baule est arrivée plus tard dans ma vie, à travers le théâtre et des amis.

Ce qui compte, ce n’est pas le décor, c’est l’intensité du moment.

Un été qui a marqué un tournant ?

L’été, c’est un moment de réflexion. Face à la mer, surtout. Il y a quelque chose de très puissant dans ce rapport à l’océan, à la nuit, à la chaleur.

C’est un moment où je me reconnecte, où je prends du recul. Je crois beaucoup aux énergies, aux rencontres, au timing. Rien n’arrive totalement par hasard.

Mais pour capter ça, il faut savoir ralentir, observer, être à l’écoute.

Vos œuvres ont une énergie particulière …

Oui, clairement. La création est une forme d’énergie. Mes sculptures sont immobiles, mais j’essaie toujours de leur donner du mouvement.

La bouche ouverte, par exemple, suggère quelque chose de vivant. Beaucoup de gens me disent qu’elles semblent prêtes à bondir.

C’est exactement ce que je recherche … donner une sensation de vie à quelque chose qui, par définition, est figé.

Parenthèse plus sensuellela sensualité vous inspire ?

Oui, complètement. J’aime les courbes, les lignes, les volumes. J’aime ce qui est harmonieux, ce qui attire naturellement le regard.

Être esthète, c’est aussi ça … savoir reconnaître le beau et l’assumer pleinement, j’assume doublement ! 

Un souvenir d’été plus… confidentiel ?

Une nuit blanche. Une de celles qui échappent au temps. Entre plage, lieux un peu interdits, jacuzzi, musique, rires…

On mange à des heures improbables, on ne voit pas la nuit passer, puis le jour arrive sans prévenir. Et on continue.

Ce sont ces moments suspendus qui restent. Parce qu’ils donnent le sentiment que tout est possible.

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