Pas besoin de grandes études pour comprendre ce qui se passe sur les routes .. face à la flambée des prix à la pompe, les automobilistes s’adaptent. Certains ont laissé leur véhicule diesel au parking pour une durée indéterminée, d’autres ont largement développé le covoiturage, qui n’a semble-t-il jamais aussi bien fonctionné ces dernières semaines. Les trajets jugés superflus sont également remplacés par le vélo, d’autant que la météo permet encore largement de privilégier ce mode de déplacement. Résultat : la consommation de carburant s’effondre.
Et les chiffres remontés à Bercy sont particulièrement spectaculaires. Fin août, le solde des recettes fiscales liées aux carburants était encore positif, avec 9 millions d’euros supplémentaires. Au 10 septembre, il était déjà passé dans le rouge, à -10 millions d’euros. En seulement dix jours, les finances publiques auraient ainsi enregistré un manque à gagner de 397 millions d’euros.
Cette évolution s’explique notamment par la chute brutale de la consommation. Selon les chiffres de Bercy, les ventes de carburants ont diminué de 30 % entre le 11 et le 20 septembre, par rapport aux dix premiers jours du mois.
Derrière ce chiffre spectaculaire, une réalité très concrète : les Français roulent moins, regroupent davantage leurs déplacements et cherchent toutes les alternatives possibles pour éviter de passer à la pompe. Covoiturage, vélo, transports en commun ou simple renoncement à certains trajets : chacun ajuste ses habitudes en fonction de son budget.
Pour l’État, cette sobriété forcée a une conséquence directe : moins de litres vendus, c’est aussi moins de taxes encaissées. Et avec des prix qui restent très élevés, le comportement des automobilistes pourrait continuer à peser lourdement sur les recettes fiscales dans les prochaines semaines.
À force d’être trop gourmand à la pompe, on finit parfois par couper l’appétit des automobilistes… et par faire baisser la recette.