Gilles Maestre dirige la station de lavage automatique située route de La Baule, dans la zone des Salines, un lieu familier des Baulois et des Guérandais, mais depuis le 13 août, son activité est à l’arrêt en raison des restrictions préfectorales liées à la sécheresse, une situation qu’il juge brutale et difficilement compréhensible au regard des efforts réalisés depuis plusieurs années pour réduire sa consommation d’eau. « Depuis le 13 août, nous ne pouvons plus exercer. Ce fut une décision verticale qui vient du préfet, brutale, sans aucune information directe. Il paraît que j’aurais dû aller chercher moi-même l’information puisqu’un arrêté préfectoral était disponible sur internet », explique-t-il, affirmant avoir été informé par la police de l’environnement et convoqué à la gendarmerie, avec à la clé une verbalisation de 1 500 euros pour une première infraction et 3 000 euros en cas de récidive, voire une convocation au tribunal. Le paradoxe est particulièrement difficile à accepter pour ce dirigeant qui assure avoir divisé par dix sa consommation d’eau, passant de 15 000 m³ en 2019 à environ 1 500 m³ en 2026, tout en multipliant par quatre sa fréquentation, soit 25 000 passages en hiver et jusqu’à 70 000 en été, un volume qu’il compare à la consommation annuelle d’une famille dans une belle maison bauloise.
« En 1990, il fallait payer 25 francs pour laver sa voiture. Aujourd’hui, nous sommes à environ 4 euros. Il n’y a donc pas eu d’augmentation comparable à celle du prix de l’eau », pointe-t-il, rappelant que le prix du mètre cube est passé d’environ 0,60 franc à près de 5 euros, une somme qui aurait dû, selon lui, permettre des investissements pour capter l’eau de ruissellement.
Conscient que laver sa voiture n’est pas une nécessité, Gilles Maestre s’interroge toutefois sur la gestion de la ressource dans un territoire confronté aux inondations cet hiver : « Les océans montent, il pleut, mais nous ne sommes pas capables de capter suffisamment cette eau pour la réutiliser. » La station fonctionne avec de l’eau potable issue du réseau public, ce que le dirigeant considère comme le véritable sujet de fond, plaidant pour l’utilisation d’eau grise ou récupérée. « J’ai investi dans des panneaux photovoltaïques, des éoliennes et un système de recyclage de l’eau.


Je fais des efforts considérables depuis des années. Je demande simplement que ces investissements et les résultats obtenus soient pris en compte », insiste-t-il, alors que la fermeture lui a déjà coûté environ 60 000 euros, sans prise en charge par les assurances. « Il faut appliquer la loi, je suis d’accord. Mais il faut aussi le faire avec discernement et intelligence », conclut-il, appelant à un débat sur l’avenir du secteur et à une écoute des professionnels qui, selon lui, « ne sont pas des irresponsables ».