Pas besoin d’avoir fait une grande école de commerce pour comprendre le mécanisme… et surtout pour se demander où se trouve réellement la « baisse » annoncée.
Sébastien Lecornu annonce une diminution pouvant atteindre 12 à 18 centimes par litre de gazole, grâce à la mise sur le marché de 10 millions de barils issus des stocks stratégiques français. L’argument est simple … ces stocks auraient été constitués à un prix plus bas et seraient donc remis sur le marché à un prix permettant aux distributeurs de réduire leur coût d’approvisionnement.
Très bien. Mais quelle différence pour l’automobiliste à la pompe ?
Et même les grands intervenants et spécialistes de la question semblent parfois balbutier dans les médias lorsqu’il s’agit d’expliquer concrètement le mécanisme. Qui paie quoi ? À quel prix ? Qui bénéficie réellement de cette baisse ? Le discours devient rapidement technique, alambiqué… et surtout pas très audible pour celui qui regarde simplement le prix affiché sur la pompe.
La technique ressemble finalement à celle des soldes … on augmente fortement le prix, puis on annonce une belle remise !
Prenons un litre de gazole à 2,40 euros : avec une baisse annoncée de 20 centimes, il passerait à 2,20 euros. Sur le papier, l’automobiliste gagne 20 centimes. Sauf qu’il y a trois semaines, il payait déjà environ ce prix, un tarif qui suscitait alors de nombreuses interrogations.
Autrement dit, on ne revient pas à un carburant bon marché : on revient simplement au prix qui posait déjà problème il y a quelques semaines.
Que les stocks aient été achetés moins cher et soient revendus moins cher peut donc être vrai… mais au bout du compte, ce qui intéresse l’automobiliste, c’est le prix affiché sur la pompe, pas le prix auquel l’État a constitué ses réserves.
Et si le litre reste à 2,20 euros, la grande baisse annoncée ressemble surtout à une baisse de la hausse.