Des réfrigérateurs de supermarchés aux voitures, des compteurs électriques aux systèmes de sécurité, le monde se connecte progressivement. Mais que se passera-t-il lorsque notre quotidien dépendra presque entièrement d’Internet ? À mesure que les objets deviennent intelligents, notre société pourrait aussi devenir plus vulnérable.
Un réfrigérateur qui se dérègle à la suite d’une cyberattaque. Des marchandises perdues, des commerces perturbés et, selon les informations rapportées, des équipements potentiellement endommagés. L’image a de quoi surprendre. Pourtant, elle pose une question que nous ferions bien de prendre au sérieux … si des pirates peuvent perturber des systèmes de réfrigération, que pourront-ils faire lorsque nos logements, nos véhicules, nos infrastructures énergétiques et nos équipements de santé seront toujours davantage connectés ?
Nous entrons dans une nouvelle étape de notre dépendance numérique. L’Internet des objets, l’intelligence artificielle, les réseaux à haut débit et l’automatisation promettent un quotidien plus confortable, plus efficace et plus intelligent. La maison anticipe nos besoins, la voiture communique avec son environnement, les équipements industriels se pilotent à distance et les services deviennent accessibles en permanence.
Mais cette révolution a son revers. Plus les systèmes sont interconnectés, plus une défaillance peut se propager d’un équipement à l’autre. Une connexion mal sécurisée, un logiciel vulnérable ou un accès à distance oublié peuvent suffire à créer une brèche. Et lorsque le numérique commande le monde physique, les conséquences dépassent largement l’écran d’un ordinateur.
L’Evernet … le risque d’un monde sans véritable bouton d’arrêt
Imaginons un monde dans lequel chaque objet communique avec les autres … réfrigérateurs, ascenseurs, feux de circulation, systèmes de chauffage, réseaux électriques, dispositifs de surveillance et chaînes logistiques. Cette interconnexion généralisée pourrait simplifier considérablement nos vies. Elle pourrait aussi créer une dépendance systémique inédite.
Que se passerait-il si une cyberattaque paralysait simultanément plusieurs services essentiels ? Si des systèmes automatisés devenaient inaccessibles ? Si une entreprise perdait le contrôle de ses installations à distance ? Ou si une panne informatique, sans même être provoquée par un pirate, perturbait toute une chaîne de services ?
Ces scénarios ne signifient pas qu’une catastrophe généralisée est inévitable. Ils rappellent néanmoins une évidence … la multiplication des connexions ne doit jamais se faire au détriment de la sécurité, de la capacité de reprise et du contrôle humain.
Le problème ne concerne pas uniquement les entreprises. À mesure que nos logements, nos véhicules et nos équipements domestiques deviennent connectés, nous confions une part croissante de notre autonomie à des technologies dont nous maîtrisons rarement le fonctionnement. Une panne, une faille de sécurité ou une attaque ciblée pourraient alors affecter des gestes aussi ordinaires que se chauffer, se déplacer ou conserver ses aliments.
Le progrès ne peut pas se résumer à tout connecter.
Il faut aussi prévoir la possibilité de fonctionner sans Internet, de reprendre la main manuellement et de maintenir les services essentiels en cas de panne. Les équipements doivent être sécurisés dès leur conception, les accès à distance strictement contrôlés et les systèmes critiques régulièrement testés.
Car le véritable paradoxe de notre avenir numérique est là … nous construisons un monde toujours plus intelligent, mais qui pourrait devenir particulièrement vulnérable si nous oublions de lui apprendre à fonctionner lorsque le réseau ne répond plus.
Demain, la question ne sera donc plus seulement de savoir si nous pouvons tout connecter. Elle sera de savoir qui contrôle réellement ces connexions, qui en garantit la sécurité et si nous serons encore capables de vivre normalement lorsque tout se déconnectera.