Il suffit de le voir en haut des marches du Palais des festivals de Cannes pour comprendre que David Lisnard a quelque chose en plus ! Une allure entre acteur américain et golden boy de la finance, le sourire calibré, la silhouette impeccable.
Certains se demandaient même qui était ce type qui semblait sortir tout droit d’un casting hollywoodien. Eh bien, c’est le maire de Cannes ! Sur le papier, le bonhomme a une classe de dingue. Mais attention, nous avons déjà été piégés par le syndrome du « premier de la classe ». Il y a dix ans, Emmanuel Macron, avec ses airs de gendre idéal, faisait fondre les ménagères et donnait des papillons dans le ventre à une partie du pays. On connaît la suite du film…et le scénario a quelque peu tourné au vinaigre.
Alors, David Lisnard a-t-il la carrure d’un homme d’État ? Rien n’est moins sûr. Mais au fond, c’est quoi, aujourd’hui, un homme d’État ? Un costume bien coupé, une mâchoire affirmée, des éléments de langage et trois photos réussies sur Instagram ? Ou la capacité à tenir la barre quand le bateau prend l’eau ? Pour l’instant, ne vendons pas la peau de l’ours. Laissons le temps au temps. Mais reconnaissons que le personnage a de quoi intriguer.
Car pendant que certains candidats font du surplace en agitant les bras, Lisnard commence sérieusement à faire parler de lui. Au comptoir du bistrot, au restaurant, dans les commerces et sur les réseaux sociaux, son nom circule ! Le voilà qui s’invite dans la conversation présidentielle sans demander la permission. Et au jeu du « Qui est-ce ? », ça commence à sentir le roussi pour quelques habitués du casting !
Édouard Philippe ? Le costume de présidentiable commence peut-être à se froisser. Jean-Luc Mélenchon ? L’aboyeur en chef pourrait trouver à qui parler. Marine Le Pen ? De quoi lui donner quelques sueurs froides si le phénomène prend de l’ampleur. Jordan Bardella ? Il va falloir repasser le costume tous les matins et vérifier que le brushing tient jusqu’au deuxième tour. Quant à Bruno Retailleau, il risque de regarder son espace politique se rétrécir comme peau de chagrin ! Bref, Lisnard, c’est la grosse cote du moment et notre petit doigt nous dit qu’il pourrait bien venir jouer les trouble-fêtes dans une présidentielle où beaucoup se voient déjà au deuxième tour avant même d’avoir franchi la ligne de départ. Attention, ça pourrait fumer !
Et à La Baule, il y en a un qui doit suivre tout ça d’un œil particulièrement attentif … Franck Louvrier. Le maire baulois n’a jamais caché son estime pour son homologue cannois, dont il a régulièrement salué la gestion, la sécurité et les ambitions pour sa ville. Jusque-là, tout va bien. Sauf que le slogan de Lisnard, « Une nouvelle énergie pour la France », pourrait bien venir chatouiller quelques ambitions locales.
Parce que la politique, c’est formidable … on applaudit volontiers un ami tant qu’il reste à la bonne place. Mais quand cet ami commence à regarder vers l’Élysée, les sourires peuvent devenir un peu plus crispés. Et lorsque les convictions croisent les ambitions, il arrive que les poignées de main deviennent moins chaleureuses et que les téléphones sonnent un peu moins souvent.
Alors, que fera Franck Louvrier si David Lisnard entre véritablement dans la course ? Suivra-t-il le mouvement, restera-t-il fidèle à ses réseaux ou devra-t-il jongler entre ses amitiés politiques et les réalités du moment ? Pour un maire qui connaît parfaitement les coulisses de la politique, l’équation pourrait devenir intéressante ! Si Lisnard passe à la vitesse supérieure, certains vont devoir revoir leur copie. À droite, les places sont chères, les egos encombrants et les ambitions rarement solubles dans un verre d’eau. Et à La Baule, où l’on sait observer les courants avant de choisir sa direction, il y en a peut-être quelques-uns qui vont devoir sortir la boussole.
David Lisnard, futur homme providentiel ou nouveau candidat au costume impeccable ? On a déjà vu des premiers de la classe finir au tableau d’honneur, et d’autres se prendre les pieds dans le tapis de l’Élysée. Mais une chose est sûre … si le maire de Cannes décide de passer aux choses sérieuses, il risque de ne pas venir pour faire de la figuration. Et certains, à commencer par ceux qui le regardent aujourd’hui avec sympathie, pourraient découvrir qu’entre applaudir un candidat et lui faire de la place, il y a tout un monde.
Photo avec l’aimable autorisation de RTL.