Audiovisuel public : un milliard d’euros d’économies, mais pourquoi rien ne bouge ?

Un rapport parlementaire de 551 pages estime que jusqu’à un milliard d’euros d’économies pourraient être réalisées dans l’audiovisuel public. Pourtant, plusieurs mois après sa publication, aucune mesure d’ampleur n’a encore été inscrite dans le budget.

Financé par une fraction de la TVA, l’audiovisuel public représente près de 4 milliards d’euros par an. Après six mois d’enquête, une commission de l’Assemblée nationale a identifié plusieurs pistes d’économies : réduction des doublons, rationalisation des chaînes et radios, contrôle des sociétés de production ou encore révision de certaines dépenses de fonctionnement.

Le rapport pointe également les 850 millions d’euros versés chaque année aux sociétés de production privées, ainsi que les rémunérations élevées de certains dirigeants et les indemnités de départ versées à France Télévisions.

Des dépenses qui font réagir

Le train de vie de certaines structures publiques est également pointé du doigt. Parmi les chiffres relevés figurent 3,8 millions d’euros de frais de taxi, des nuits d’hôtel à plus de 1 700 euros au Majestic pendant le Festival de Cannes, mais aussi un million d’euros consacré à la rénovation de la piscine du comité d’entreprise de l’audiovisuel public.

Le rapport recense également 53 véhicules de fonction réservés aux cadres dirigeants, dont l’utilité doit, selon les recommandations de la commission, être réexaminée au cas par cas.

La rénovation de la Maison de la Radio est elle aussi citée : prévue pour six ans et 355 millions d’euros, elle aura finalement duré quatorze ans et coûté 493 millions, hors certains coûts annexes.

Pourquoi rien ne bouge ?

C’est toute la question. Un rapport parlementaire n’a pas, à lui seul, de valeur contraignante. Ses recommandations peuvent être suivies… ou rester lettre morte.

France Télévisions a annoncé certaines réductions de dépenses, mais celles-ci sont présentées comme des « ajustements à la marge ». Le milliard d’euros d’économies identifié par les députés, lui, n’est toujours pas inscrit dans la loi de finances.

Le prochain rendez-vous sera donc le budget 2027, examiné à l’automne. C’est à ce moment que les parlementaires devront décider si les recommandations du rapport se traduisent réellement dans les crédits accordés à l’audiovisuel public.

Parmi les propositions figurent notamment la suppression ou le regroupement de chaînes faisant doublon, l’audit des postes de direction, le contrôle des marges des sociétés de production par la Cour des comptes et la mise en place d’une trajectoire pluriannuelle d’économies.

Au fond, le débat dépasse les clivages politiques : la question est de savoir si les près de quatre milliards d’euros consacrés chaque année à l’audiovisuel public peuvent être mieux utilisés.

Les chiffres sont désormais sur la table. Reste à savoir si le budget 2027 permettra de transformer ce rapport en économies bien réelles.

Vous ne pouvez pas copier le contenu de cette page