Avec seulement 15 % d’opinions favorables, Emmanuel Macron atteint son plus bas niveau de popularité depuis son arrivée à l’Élysée. Le baromètre Ipsos-BVA-CESI, publié par La Tribune Dimanche, confirme l’érosion de l’image du chef de l’État, confronté à une défiance persistante à l’approche de la prochaine élection présidentielle.
Réalisée en ligne les 7 et 8 septembre auprès d’un échantillon de 1 000 personnes selon la méthode des quotas, cette enquête faisait état d’un niveau de popularité déjà historiquement faible, à 16 %. Le nouveau chiffre de 15 % traduit un recul supplémentaire, à condition de bien distinguer les différentes vagues du baromètre et leurs dates de publication.
Cette impopularité témoigne des difficultés croissantes du président de la République à convaincre au-delà de son socle de soutien. Entre tensions politiques, préoccupations économiques et sociales et interrogations sur l’action gouvernementale, Emmanuel Macron peine à retrouver une dynamique favorable. Un handicap politique de taille, même si la popularité d’un président ne se confond pas directement avec les intentions de vote à la prochaine présidentielle.
Le Rassemblement national reste en tête, malgré un recul de ses deux principales figures. Marine Le Pen recueille 32 % d’opinions favorables, en baisse de quatre points, tandis que Jordan Bardella atteint 33 %, soit trois points de moins. Les deux responsables du RN conservent les premières places du classement, mais leur recul montre que leur popularité n’échappe pas non plus aux fluctuations de l’opinion.
Jordan Bardella se retrouve par ailleurs au cœur d’une actualité médiatique sensible après la publication, par Mediapart, de messages à caractère antisémite qui lui sont attribués. Le président du RN conteste en être l’auteur. Si cette affaire nourrit le débat politique, rien ne permet toutefois d’affirmer, sur la seule base de ce baromètre, qu’elle explique directement la baisse de sa popularité.
Édouard Philippe poursuit sa progression. L’ancien Premier ministre gagne un point et atteint 20 % d’opinions favorables. Un résultat qui entretient sa place parmi les personnalités susceptibles de jouer un rôle majeur lors de la prochaine élection présidentielle. Son positionnement pourrait notamment lui permettre de capter une partie des électeurs en quête d’une alternative politique au macronisme comme au Rassemblement national.
Attention toutefois … un baromètre de popularité ne constitue pas un sondage d’intentions de vote. Il mesure l’image des personnalités auprès des personnes interrogées, sans préjuger de leur capacité à rassembler une majorité électorale.
À l’approche de la prochaine bataille présidentielle, le paysage politique reste donc contrasté … un Emmanuel Macron confronté à une impopularité record depuis son arrivée à l’Élysée, un Rassemblement national toujours en tête du classement malgré un repli de ses dirigeants et un Édouard Philippe qui progresse modestement. Reste à savoir si ces tendances se confirmeront dans les prochains mois et, surtout, si elles se traduiront dans les urnes.