Si les portes de la confiserie ont fermé, l’histoire des Niniches Manuel, elle, continue de s’écrire. Grâce à leur site de vente en ligne, la célèbre confiserie bauloise reste présente dans le cœur des amoureux de cette douceur emblématique, mais aussi dans celui de tous ceux qui refusent de voir disparaître un morceau du patrimoine de La Baule.
Derrière cette belle histoire qui se poursuit, il y a Nathalie, la maman de Miguel. C’est Miguel qui fabrique aujourd’hui encore les niniches, tandis que Nathalie accueille chez elle, à deux pas de la gare, les clients venus retirer leurs commandes passées sur le site internet. Une organisation plus discrète, mais qui permet de faire perdurer la marque et de préserver ce lien si précieux avec les habitués.
« Les gens s’inquiètent pour ma maman et nous demandent encore à ce jour pourquoi nous avons arrêté », raconte Nathalie la fille de Monique Ortiz. À 88 ans, il était pourtant devenu nécessaire de tourner une page. Après avoir consacré toute sa vie à cette confiserie, le moment était venu de passer à autre chose. Une décision douloureuse, tant cette maison occupait une place immense dans son existence.
Les souvenirs, eux, sont toujours bien présents. Certains clients vont jusqu’à proposer de payer pour obtenir la recette de la pâte à gaufres ! D’autres téléphonent pour s’assurer qu’ils ont bien affaire à la famille d’origine. « Ils reconnaissent ma voix et me demandent si je suis bien la maman de Miguel et la fille aînée de Monique Ortiz », raconte-t-elle en riant.
Il y a aussi ceux qui ne savent pas encore que le papa, José, est décédé. Alors, au fil des conversations, Nathalie leur raconte l’histoire familiale, ses souvenirs et les grandes étapes de cette aventure bauloise. Elle prend volontiers le temps d’échanger avec les visiteurs, parfois plus d’une demi-heure, pour leur raconter la saga des Niniches Manuel. Car ici, on ne vient pas seulement chercher des confiseries … on vient aussi retrouver une histoire, des visages et une part de ses propres souvenirs.
Parmi les fidèles, il y a ce petit monsieur qui achète pour dix euros de niniches chaque semaine pendant l’été. Un geste simple, mais profondément touchant. Il souhaite ainsi faire plaisir à ses petits-enfants tout en entretenant le souvenir d’une marque qui a accompagné des générations de Baulois et de vacanciers.
Et cet attachement dépasse largement les vacances d’été. Certains clients souhaitent désormais commander des niniches pour leur mariage. Une attention qui en dit long sur la place qu’occupe cette confiserie dans leur histoire personnelle. Pour ces couples, les niniches ne sont pas de simples friandises … elles rappellent les belles journées passées à La Baule, les promenades en bord de mer, les vacances en famille, mais aussi parfois une rencontre, le début d’une histoire d’amour ou un souvenir à deux. En les invitant à leur mariage, ils souhaitent partager avec leurs proches un petit morceau de cette mémoire bauloise et faire entrer dans leur grand jour une douceur qui a marqué leur vie.
L’histoire des Niniches Manuel est intimement liée à celle de La Baule. La famille s’y est installée en 1950 et, depuis, la confiserie a traversé les décennies, accompagnant les vacances, les promenades et les petits plaisirs de nombreuses familles. Des souvenirs qui ne disparaissent pas avec la fermeture d’une boutique.
La vente de la confiserie Manuel, une décision douloureuse…
Quant à la vente de la boutique Manuel, l’émotion reste vive ! « Maman est malade de vendre la confiserie, elle y tenait énormément, elle y a passé toute sa vie ! Elle n’est toujours pas motivée…pour le moment rien » confie Nathalie.
Derrière ces mots se cache la difficulté de tourner la page d’une aventure familiale qui dépasse largement le cadre commercial. C’est toute une vie de travail, de passion, de rencontres et de transmission qui se joue, avec des souvenirs profondément ancrés dans l’histoire de la famille et dans celle de La Baule.
Mais au milieu de cette nostalgie, les témoignages des clients apportent aussi beaucoup d’émotion et d’espoir. « Les gens créent du contact. Ceux qui viennent chez nous sont prêts à nous donner de l’argent pour que l’on reste vivants ! Ils nous disent : “On peut vous aider…” »
Ces paroles résument à elles seules l’attachement du public à cette maison bauloise. À travers ces gestes, ces appels, ces commandes et ces souvenirs partagés, les clients témoignent de leur volonté de voir perdurer une histoire qui leur appartient aussi un peu. Jusqu’à choisir les Niniches Manuel pour célébrer un mariage, comme pour rappeler que certaines douceurs traversent les années et restent associées aux moments les plus précieux d’une vie.
Aujourd’hui, les Niniches Manuel continuent donc leur chemin sur internet, grâce à Miguel, qui perpétue leur fabrication, et à Nathalie, qui maintient le lien avec les clients. Si la boutique a fermé ses portes, la mémoire, elle, reste bien vivante. Et chaque niniche commandée est une petite façon de retrouver La Baule, le temps d’une bouchée.