Alors que la soirée d’Halloween se déroulera dans dix jours, le 31 octobre, les autorités françaises redoutent de possibles débordements. En cause, plusieurs affiches et messages diffusés sur les réseaux sociaux appelant à des rassemblements et mettant en scène des bâtiments publics incendiés.
Ces inquiétudes interviennent quelques jours seulement après les violences survenues en marge de la mobilisation du 17 octobre contre la vie chère, au cours de laquelle des mairies, des commissariats, des préfectures et des commerces ont été dégradés dans plusieurs villes de France. Une première affiche, largement relayée sur TikTok, montre des silhouettes masquées, des bâtiments symboliques de la République et des individus mettant le feu, accompagnés du slogan « Bismillah, c’est les ténèbres », une formule qui aurait déjà été aperçue lors de manifestations lycéennes et reprise dans le contexte des récents débordements. Un premier rassemblement, présenté comme un « échauffement », serait prévu le 24 octobre, date qui coïncide avec une nouvelle journée de mobilisation annoncée par les Gilets jaunes. Une seconde affiche circule également sur les réseaux sociaux.
Elle représente un personnage évoquant Harley Quinn, l’antihéroïne de l’univers Batman, tenant un objet ressemblant à une disqueuse, sur fond de flammes. Neuf lieux de rassemblement y sont mentionnés, avec parmi les sites potentiellement visés des sous-préfectures, des tribunaux, des conseils départementaux, des organismes de l’Urssaf, des trésoreries publiques et des cabinets d’huissiers. La crédibilité de ces appels et la réalité des menaces restent toutefois à établir. À dix jours d’Halloween, les forces de l’ordre doivent également tenir compte d’une difficulté particulière … les masques et les déguisements peuvent permettre à certains individus de se fondre plus facilement dans une foule sans attirer l’attention. Si l’immense majorité des familles et des participants souhaite simplement profiter de cette fête populaire, des personnes mal intentionnées pourraient chercher à exploiter cet anonymat pour commettre des dégradations ou participer à des violences. L’enjeu sera donc de prévenir les incidents sans pénaliser les fêtards, tout en permettant aux forces de l’ordre d’identifier rapidement les éventuels fauteurs de troubles. Entre les messages alarmants relayés en ligne et le souvenir encore récent des violences du 17 octobre, la soirée du 31 octobre pourrait ainsi faire l’objet d’une vigilance renforcée. Reste à savoir si ces appels se traduiront par des actes ou s’ils relèvent avant tout d’une mise en scène destinée à provoquer l’inquiétude.
Une chose est certaine … cette année, derrière les citrouilles, les bonbons et les costumes, Halloween s’annonce dans un climat de tension inhabituel.